7 – LA CONNAISSANCE

Q. Qu’est-ce que la connaissance?

R. La connaissance est le mode même de la naissance à soi-même et aux autres en vue d’acquérir la réalisation.

Q. Qu’est-ce qui importe vraiment dans la connaissance?

R. C’est l’aventure et non l’objet connu. Pour celui qui sait, rien d’extraordinaire n’arrive jamais. Il ne fait que vivre extraordinairement ce qui est fondamentalement ordinaire. Rien n’est dans la matière; tout est dans la manière.

Q. La connaissance est-elle compatible avec le mystère?

R. Non. Il n’y a de mystère que pour les ignorants. Si vous voulez comprendre le sens d’un mystère, demandez-vous à qui il profite.

Q. Y a a-t-il une différence profonde entre la foi et la connaissance?

R. Oui. La foi est une impulsion émotionnelle inspirée de la vie alors que la véritable connaissance dépend de l’être. Celui qui croit ne sait pas. Il adhère au mystère sans savoir et devient tôt ou tard le serviteur de sa croyance.

Q. Est-il vrai que la connaissance commence avec l’étonnement?

R. Aristote dit que la connaissance commence avec l’étonnement. Descartes, avec la surprise. Personnellement, je pense que la connaissance commence avec le scandale, car seul le scandale est assez fort pour éveiller la conscience assoupie.

Q. Les faits sont-ils importants pour acquérir la connaissance?

R. Non. On ne part pas des faits. On y arrive. Jamais les faits ne pourront constituer la base d’un raisonnement. Seule l’idée permet la connaissance.

Q. La connaissance est-elle subordonnée au rythme?

R. Chaque chose va à son rythme; connaître une chose, c’est épouser son rythme, coïncider avec elle. C’est pourquoi on ne connaît que ce qui nous convient, car le semblable est connu par le semblable.

Q. Quelle est la forme la plus haute de connaissance?

R. C’est la Praxis supramentale ou l’aperception absolue de notre identité dans la conscience lumineuse de l’immobilité. À ce niveau, connaître c’est pouvoir.