26 – LA PENSÉE

Q. Qu’est-ce que la pensée?

R. La pensée est l’expression la plus simple de l’être lorsqu’il s’aperçoit clairement.

Q. Mais l’être n’est-il pas, jusqu’à un certain point, soumis à l’arbitraire de la pensée, puisque celle-ci a le pouvoir de se séparer de lui et de considérer à part ce qui lui plaît?

R. Oui. Et c’est la raison pour laquelle la pensée positive est si importante dans le développement de l’être. La pensée s’exprime au moyen de formes, d’images, d’intuitions. Chaque acte de pensée concourt à créer des structures d’accueil du réel. Si la forme-pensée émise est négative, l’avenir est sombre, car chaque forme-pensée, en tant que réceptacle intentionnel vide, est en quête d’une réalité susceptible de la remplir et de l’actualiser. Si la forme-pensée est positive, l’avenir est prometteur, car elle attire à elle la réalité correspondante.

Q. Comment fonctionne la pensée?

R. La pensée fonctionne par systèmes partiels. Alors que certains systèmes travaillent d’autres se reposent. Lorsque tous les systèmes fonctionnent en même temps, — ce qui est très rare — alors naît une conception supérieure de l’esprit. Tout homme devrait cher-cher à connaître cette expérience unique. La pensée se manifeste alors comme une fulguration de l’intelligence qui dépasse la vie mortelle et entraîne la conscience vers des régions cosmiques chargées d’énergie, d’être et d’inspiration.

Q. L’exercice de la pensée suppose-t-il nécessairement l’exclusion de certaines attitudes ou comportements?

R. Non. Il n’est pas question d’exclure quoi que ce soit pour penser correctement. C’est même dans l’inclusion, l’absorption, la compréhension que la pensée devient vraiment puissante. Il est absurde de croire qu’on ne peut penser correctement plus d’une chose à la fois. Les pensées obéissent à certains schèmes de développement et une fois émises elles sont capables de faire leur chemin toutes seules. J’irais même jusqu’à dire qu’elles se pensent très bien sans nous et que notre unique souci devrait être de les garder à l’oeil, ne serait-ce que pour savoir ce qu’elles deviennent.

Q. On conseille souvent dans la méditation de faire le vide en soi. Est-ce une bonne habitude?

R. Elle est à déconseiller. Ce n’est pas le vide qu’il faut faire, mais le plein. La pensée a plus à gagner à rester présente à tout ce qui existe qu’à s’isoler pour se recueillir. La véritable force consiste à n’être qu’un avec le monde sans cesser d’être avec soi-même.

Q. Qu’est-ce qui fait la force de la pensée?

R. C’est de pouvoir jouer avec ses problèmes au lieu de se laisser écraser par eux. Seule une irresponsabilité méthodique au niveau des intentions de pensée permet à l’esprit de s’exprimer librement et de surmonter le coefficient d’adversité du monde.