15 – L’EXISTENCE

Q. Qu’appelle-t-on existence?

R. J’appelle existence le temps vécu par un homme sur cette terre. L’existence comprend donc sa vie, son être, ses aspirations.

Q. Comment exister pleinement?

R. En disant « oui » à tout ce qui est. Exister pleinement, c’est faire de toutes choses un moment de sa vie intérieure. Plus un homme rejette d’options, moins il existe. Réduire, c’est abstraire; abstraire, c’est choisir; choi-sir, c’est s’appauvrir.

Q. Le choix se définit donc contre l’existence?

R. Oui. Le choix n’est que la justification rétroactive d’un acte déjà posé. La véritable liberté n’est pas dans le choix, mais dans l’adhésion.

Q. Puisque l’existence se définit en fonction du temps passé sur terre, peut-elle être comparée à une route sur laquelle l’homme se trouve?

R. Difficilement. L’existence est beaucoup plus acceptable quand on cesse de l’interpréter en fonction d’un schème de pensée linéaire pour l’expliquer par un schème de pensée circulaire. Malgré le temps qui passe, nous sommes toujours aussi près du centre magnétique de notre existence. Le cercle ne signifie pas un repli sur soi, mais la concentration des forces en vue d’un rayonnement.

Q. Comment orienter les changements qui se produisent dans notre existence?

R. En gardant présent à la conscience le sentiment de la permanence de notre être. Il n’y a de mutation que dans la continuité.

Q. Quel est le rôle de la volonté dans l’existence?

R. Elle est ce qui vient donner à l’existence sa valeur de destin. Décider une chose n’est rien; persister dans sa décision est tout. C’est une chose de vouloir et c’en est une autre de continuer à assumer ce qu’on a voulu dans le temps.

Q. Qu’est-ce que les gens redoutent le plus dans l’existence?

R. C’est de faire rire d’eux. C’est pourquoi on dit que le ridicule tue. Mais il ne tue que les faibles.