10 – DIEU

Q. Qu’est-ce que Dieu?

R. Dieu est l’idée que l’homme se fait de sa propre réalisation.

Q. Y a-t-il un moyen de comprendre Dieu?

R. Oui. On comprend Dieu en le devenant. L’homme devient ce qu’il cherche. S’il cherche Dieu, il deviendra divin. C’est la seule façon de trouver Dieu. Dieu n’existe pas sans nous ni hors de nous.

Q. Que doit-on penser de l’idée de la création?

R. L’hypothèse de la création répugne à l’intelligence. Le monde est ce qui est déjà là et l’homme le constitue comme ayant toujours été là. L’idée qu’un Dieu puisse agir sur les événements est primitive et dépourvue de sens. Je crois plutôt à l’auto-modification des événements selon une sagesse immanente.

Q. Que faut-il penser d’une révélation «divine» qui demande de croire en Dieu?

R. Un Dieu véritable ne nous demanderait pas de croire en lui, mais de croire en nous. Le divin est ce qui permet à l’homme de se surpasser; ce n’est jamais ce qui l’écrase.

Q. Quelle attitude doit avoir un jovialiste envers le divin?

R. Il ne croit ni aux cultes, ni aux églises. Il ne se soumet ni aux institutions dogmatiques, ni aux lois inflexibles. Il refuse toute forme d’autorité qui exige l’obéissance et ne reconnaît pas un Dieu qui demande qu’on croie en lui pour se manifester. Mais, il croit en soi, s’applique à reconnaître le divin en son être et cherche à vivre en harmonie avec lui-même.

Q. Que savons-nous réellement de Dieu?

R. Nous ne savons rien de Dieu. Ce que nous croyons savoir de Dieu est ce que nous comprenons de l’Absolu.

Q. Doit-on interpréter différemment ce qu’autrefois on appelait la présence de Dieu dans le réel?

R. Oui. Autrefois, nous disions: Dieu est partout. Aujourd’hui, nous disons: l’Absolu est immanent au relatif.

Q. Comment interprêter ce détache-ment à l’égard de Dieu?

R. Ce détachement s’effectue à cause d’un changement d’attitude de notre part à l’égard de la force que notre être nous révèle. Au début, nous prions Dieu parce que nous sentons que l’origine de cette force est hors de nous. Nous ne réalisons pas encore que les événements qui nous marquent répondent à un appel de notre être et qu’aucun pouvoir extérieur ne leur correspond. Puis, nous comprenons peu à peu que nous sommes cette force que nous cherchons et nous devenons progressivement incapables de prier. Nous réalisons que Dieu n’a rien à nous donner, mais qu’au contraire, nous avons tout à donner aux autres. C’est alors que nous commençons à méditer sur nous-mêmes et à éveiller en nous l’esprit de vérité.